NOUS AVONS VU ACROSS THE SPIDER-VERSE (SANS SPOILERS)
Ayant adoré le premier opus de la saga multiverselle de Miles Morales, j’étais perplexe à ce que la suite arrive à sa cheville. Me lançant presqu’aveuglement dans le long métrage d’animation, j’étais loin de me douter que mes attentes allaient être considérablement surpassées. Il s’agit ici d’un des meilleurs films de super-héros des 20 dernières années, voire de tous les temps…
Mettant en vedette Shameik Moore, Hailee Steinfeld et Oscar Isaac, Spider-Man: Across the Spider-Verse est un film d’animation produit par Sony Pictures Animation et réalisé par Joaquim Dos Santos, Justin K. Thompson et Kemp Powers. Non seulement la pression était lourde d’accoter la qualité, autant stylistique que narrative, d’Into the Spider-Verse, mais les fans étaient fébriles de connaître la suite des aventures du Spider-Man de Brooklyn, et moi donc! 5 longues années après la sortie du premier film de la série, nous avons enfin droit à son successeur, qui est complémenté d’un saut vertigineux dans les sphères visuelles, sonores et émotionnelles. Sans entrer dans le territoire des divulgâcheurs, l’histoire démarre alors que Miles est réuni avec Gwen Stacy. Il ne pouvait pas se douter qu’il serait envoyé dans une virevolte inter-dimensionnelle dans laquelle il rencontrera multiples personnalités arachnoïdes auxquelles il sera antagonisé ou lié d’amitié. À travers ce périple quasi-psychédélique, Miles en apprendra plus sur son rôle en tant que Spider-Man et réinterprètera la définition même de héros.
J’ai en tête une panoplie de points positifs à dénombrer sur ce film. D’abord, les acteurs vocaux ont un grand talent et c’est palpable à travers leurs personnages. Malgré le style particulier de l’animation et de la puissante influence du style graphique des comic books, l’aptitude des acteurs à s’imprégner d’un personnage fait en sorte que ceux-ci sont d’avantage reliables et réalistes dans un sens qui perfore l’irréalisme photographique du design des héros. Parlant de direction photo, le style du long métrage est encore plus éclectique que celui de son prédécesseur, à un point où l’allure graphique varie selon les personnages et les différents univers. Spider-Punk, par exemple, est toujours entouré de logos et signalisations rappelant les Sex Pistols et leur “Anarchy in the U.K.”, ce qui est nettement différent de Spider-Gwen, qui elle, vit dans une monde pastel qui met le rose en évidence. Bref, même si pour une raison quelconque vous n’aimiez pas le film, la créativité ainsi que la complexité des images vous gardera au bout de votre siège du début à la fin. Autre point qui fait qu’Across the Spider-Verse se démarque des autres films d’animation est sa bande sonore. Produite par le réputé Metro Boomin et alternant entre le rap, le hip-hop et la pop, elle rallie une équipe all-star du monde de la musique urbaine, notamment Lil Wayne, Offset, Nas, 21 Savage, Don Toliver et plus encore. Que vous soyez fans ou non de ce style musical, l’ambiance qu’il créé tout au long du film est tout à fait appropriée et le rend encore plus immersif qu’il ne l’est déjà, surtout lorsqu’il est entremêlé aux scènes d’action et de poursuite. La composition des thèmes de certains personnages est aussi extrêmement respectable, notamment de le cas de The Spot et Spider-Man 2099, qui sont associés à des sonorités anxiogènes, mais qui sont d’une efficacité profonde. 
Quant à moi, il s’agit aussi d’une des adaptations de Spider-Man les plus humaines et les plus drôles à avoir vu le jour jusqu’à présent. Non seulement est-ce que le blagues passent bien et ne semblent pas forcées par les écrivains, mais plusieurs “easter eggs” abordant avec humour différentes situations provenant des comics sont hilarantes (gardez l’oeil ouvert pour Ben Reilly). Finalement, je trouve que les personnages de Gwen Stacy et Miles Morales sont extrêmement bien développés, encore mieux que dans le premier film. Non seulement l’on comprend leurs motivations ainsi que leurs conflits moraux, mais leurs décisions et leurs erreurs les rendent très humains malgré leurs pouvoirs d’araignée. Aussi, autant dans leurs paroles que leurs actions et autres points spécifiques de l’histoire, on se rend compte de plusieurs parallèles et points de préfiguration avec le premier film de la saga, ce qui en rajoute sur la brillance de l’oeuvre cinématographique. De plus, les écrivains ont fait de grands efforts pour puiser dans des aspects spécifiques de leurs arcs présents dans les comics, ce qui m’a ravi comme je suis un fan de Miles Morales depuis le début de mon adolescence.
En résumé, Spider-Man: Across the Spider-Verse est un film incontournable qui mérite d’être vu, vu et revu sur le plus gros écran possible.
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